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L’université qui vient, entre démocratisation et inégalités persistantes

L’université face à ses paradoxes : comment concilier démocratisation et réussite pour tous ?

Dans leur ouvrage L’université qui vient, Cédric Hugrée et Tristan Poullaouec analysent l’émergence d’un « nouveau régime de sélection scolaire », marqué par une massification des diplômes mais aussi par une persistance, voire une aggravation, des inégalités sociales d’accès et de réussite. Leur thèse interroge : comment l’objectif politique de 60 % d’une classe d’âge au niveau licence peut-il se concrétiser, alors que 37 % des enfants d’ouvriers sortent encore non diplômés de l’enseignement supérieur, contre 14 % des enfants de cadres ?

Des aspirations en hausse, des parcours fragilisés
Les auteurs soulignent une baisse de l’auto-sélection des jeunes de milieux populaires, désormais plus nombreux à aspirer à des études supérieures. Pourtant, ces parcours restent semés d’embûches : orientation vers des filières moins valorisées, fragilité scolaire, manque de moyens pour accompagner la diversité des profils. Le dispositif Parcoursup, censé mieux appariement étudiants et filières, n’a pas réduit les inégalités, bien au contraire.

Un défi pour D.Clic : transformer les parcours, pas seulement les diplômes
À l’Université Gustave Eiffel, le projet D.Clic, lauréat de l’appel à projet NCU, s’attache précisément à répondre à ces enjeux : favoriser les réussites, et non la réussite, en adaptant les architectures de formation, en renforçant l’accompagnement et en déployant l’approche par compétences. L’objectif ? Permettre à chaque étudiant·e de devenir acteur·rice de sa réussite, académique et professionnelle, malgré des parcours parfois fragilisés.

Et après la licence ?
Les auteurs rappellent que la valeur des diplômes reste un rempart contre la précarité, mais que leur dévalorisation relative et la dégradation des conditions d’insertion posent question. Pour D.Clic, il s’agit aussi d’accompagner les étudiant·es dans la construction de leur projet professionnel, en leur donnant les clés pour naviguer dans un marché du travail en mutation.

Pour aller plus loin

« Le diplôme est l’arme des faibles », rappellent les auteurs. Mais pour que cette arme soit efficace, encore faut-il que l’université sache s’adapter à la diversité de ses publics – un défi au cœur de la mission de D.Clic.